Les curiosités de Rammersweier

Je crois que je suis aussi étanche à l’art contemporain qu’une couche avec plein d’élastiques là et là, mais j’ai bien aimé le parc de la Staufenburg Klinik de Durbach. Ses précédents propriétaires ont eu l’idée d’organiser des symposiums de sculptures entre 1984 et 1999, d’où il reste quelque chose comme soixante-dix œuvres réalisées par soixante-cinq artistes venant de vingt-deux pays.

Et hopla, la culture, c’est fait, restait plus qu’à marcher à l’est d’Offenburg pour une balade. Alors attention au décollage ; c’est parti ! Nous ne comprîmes point le sens de toutes ces sculptures façonnées en matériaux aussi divers que le bois et la pierre, aussi optâmes-nous pour un sentier culturellement plus facile d’accès. En effet, nous atterrîmes en plein pays des Schtroumpfs ce qui nous ravît car personne d’entre nous n’avait jamais su où le cher Peyo avait construit leur village en 1958. Envoûtés par tant de poésie, nous nous résolûmes à garder le secret sur cette forêt enchantée. Mais à mon avis quand même, la schtroumpfette a dû manger trop de myrtilles vu qu’elle a la langue toute bleue, la gourmande ! Qu’est-ce que tu dis ? C’est pas la saison des myrtilles ? Euh,… Sujet suivant !

Nous musardâmes ensuite dans la forêt jusqu’à la Wolfsgrube, une sorte de restaurant de plein air comme seuls les Allemands savent les créer, où je m’offris une boisson revitalisante (isotonique, vitaminée et pauvre en calories, c’est marqué dessus), bref une bière dont je m’aperçus trop tard qu’elle était sans alcool.

L’avantage quand tu montes, c’est qu’en général après, tu redescends. C’est donc guillerets que nous entreprîmes la descente par la Fosse aux Loups. Paraît que vers 1600, on creusa ici un grand trou couvert de branchages puis on faisait bêler une chèvre pour appâter le canidé et vlan, il se retrouvait comme un idiot dans la fosse. Alors que c’est si beau, un loup, si seulement c’était végétarien !

Car c’est un vrai séducteur le loup, dans les contes, ou dans la vie. Au demeurant, il me rappelle ce conducteur d’engins qui me tomba, enfin non : qui fit chavirer mon cœur, qui me subjugua les neurones, qui me charma tel un cobra à lunettes (les siennes étant de soleil) un soir de dérive tequilesque. Et il savait le conduire son engin, un bulldozer qu’il manipulait avec une telle dextérité qu’aucun terrain ne lui résistait.

Et alors que je commençais à le voir en double, m’abandonnant aux prémices de sa parade amoureuse, ses manœuvres d’approche débutèrent. Je m’entends encore lui répondre : oui mon grand fou de loup, tu vas me demander si je sais pourquoi tu as de grands yeux… c’est pour mieux me voir (et pourtant je fais pas du 36). Et tu vas me questionner encore, pourquoi tu as de grandes oreilles. C’est pour mieux m’entendre (alors que je suis discrète comme une autruche adolescente). Je connais mes classiques, quand même ! Et là tu insistes encore, est-ce que j’ai compris pourquoi tu as un grand nez ? Bah oui mon cher, c’est sans doute pour mieux me sentir (car je sortais de la douche). Etape suivante : si je pige pourquoi tu es pourvu de grandes pattes poilues. T’es si prévisible tu sais. Oui c’est pour mieux me caresser. Et si j’ai conscience pourquoi tu as une si grande…te fatigue pas, inutile de me faire tout le catalogue, mon petit loup, c’est sans doute la tequila, mais j’ai la migraine ce soir !

Karina-Iris

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