Le daal-baat de l’AFPN

Ce soir, j’ai fait une découverte. Depuis des années que je pratique assidûment le daal-baat de l’AFPN , à Offendorf, que je m’enfile de la lentille, que je me gave de légumes, que je me rassasie de poulet, que je me coince la tripaille avec du riz, que j’avale du thé népalais aux épices et au lait, ben enfin là, anno domini 2026, je découvre le nom de l’apéritif qui nous est servi. Que ce soit sans alcool (soupir), ou avec du gin, ça s’appelle un leonardo.

D’accord, ça te laisse froid comme un pingouin sibérien en villégiature dans le congélateur d’un esquimau dans son igloo, mais tout de même, ça m’a fait quelque chose de l’apprendre. Comme quoi faut jamais rester chez soi d’autant que j’ai pas de leonardo chez moi. Ni même de Léonardo tout court, ma vie sentimentale étant justement froide comme l’iceberg qui a amoché le Titanic.

Tu dis ? Ai-je bien ouï ? Si, si, y’a deux points sur le « ï » tout comme un chapeau sur le « û » du « assidûment » ci-dessus utilisé. Ah ça aussi tu n’en n’as rien à… à secouer ? Donc ? Que je passe aux choses sérieuses ? Bon. C’est vexant mais c’est toi le client. Bah mon foie, fini de rire alors, terminée notre belle histoire, moi je m’en f… enfin je n’en ai cure (non, pas de désintoxication), je suis payée au mot (dans une assoc LGBT…), moi, alors… Bon tu l’auras voulu, on va se faire… on va poireauter jusqu’au bout du compte-rendu et voilà.

Alors je fais court. Let’s go ! (je m’internationalise). Nous nous rendîmes à Offendorf où chaque année à l’automne se tient non pas le salon de l’auto, mais le daal-baat destiné à récolter des fonds pour la formation paramédicale au Népal. Nous préparâmes la salle, nous dînâmes, nous aidâmes sans états d’âme, nous servîmes, nous desservîmes, nous rangeâmes, nous jeanclaudevandâmes pour tout nettoyer et ranger, nous fûmes donc solidaires et passionnément, parce que le Népal, c’est vraiment un pays formidable.

Comme tout touriste de base, je crus que les sherpas sont des porteurs, fatale erreur ! Ça te viendrait pas à l’idée de confondre le DRH de ta boîte avec le portier, non ? Ben c’est pareil. Pour les bagages, tu as le touriste en personne, une mule, ou un porteur humain, mais le sherpa lui, il vient d’abord de l’ethnie Sherpa, et c’est lui ton guide. Sache mon hãmsa, comme ils disent là-bas vu que « canard », ils connaissent pas, que le Club Vosgien n’a pas encore positionné rectangles, croix ou cercles sur les arbres et que sans ton sherpa, t’aurais pas le temps de mettre ton sac cadeau que tu serais déjà perdu(e) !

Le seul problème avec les Népalais, c’est qu’en général, plus ils sont mignons, plus ils courent vite, d’autant qu’eux, l’altitude, Shiva les a fabriqués pour. A moins que ce soit Ganesh ou Vishnu, je sais jamais lequel. Si bien que le premier qui te tape dans l’œil, il tape aussi le cent mètres en moins de temps qu’il t’en faut, pauvre randonneuse déjà épuisée par les montées dans le Ried, pour refaire ton lacet qui vient de craquer.

Donc moi je vais te dire, l’Annapurna, superbe. L’Everest, magnifique. Le Machapuchare, formidable. Mais le Népalais, aussi sympathique qu’insaisissable, il te file entre les doigts comme le blanc de l’œuf que tu viens de casser de travers sur ton bol. Pour te dire, l’autre coup j’avais pris trois porteurs et deux sherpas pour remonter la Kali Gandaki (qui je te rappelle se jette dans le Gange aussi éperdument que toi sur ma prose), mais dès le premier soir après Katmandou, ces fripouilles ont cadenassé ma tente pour dormir tranquilles. Les soirs suivants ils ont utilisé le rokshi mais je te raconterai une autre fois.

Sérieusement, le Népal je te conseille. Sport, gentillesse, croisement entre traditionnalité et modernité, sourires, pauvreté, et quelques pépites dont ces jeunes gens que l’AFPN se fait un plaisir d’aider ou d’équiper. Vas-y, vraiment ! Mais pas de ma part, sinon ils te sortent les bouteilles de rokshi et comme t’as pas le dixième de ma descente, tu survivras pas !

Und jetzt meine Ente, wünsche ich dir eine gute Nacht ! Eh oui mon canard, parce qu’il paraît que je suis même lue à Kehl et à Offenburg !

Karina-Iris

#afpn #daalbaat #randonneegaylesbienne

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