On aurait pu visiter l’usine à pompons traditionnels des chapeaux de Forêt-Noire qui je te le rappelle en comptent quatorze. Quand les pompons sont rouges, la porteuse est célibataire, quand ils sont noirs, elle est mariée. Je peux te dire que sur toutes les brochures touristiques du coin, les forêt-noiriennes sont célibataires ! Mais trêve de dérive culturelle dont tu te balances comme Robert dans son val, je le connais notre guide, il a fallu qu’il nous entraîne dans une nouveauté. Même si d’habitude les montées me donnent une éruption cutanée (en un seul mot, merci), nous arpentâmes un terrain jusque là vierge de nos chaussures alsaciennes : un ancien volcan.
Je ne m’étendrai pas sur les scories qui s’attachaient dans ma chevelure telles des chauve-souris velues malgré leur nom, je ferai abstraction des fumerolles menaçantes qui pouvaient à chaque seconde me convertir en dinde bouillie, je n’insisterai nullement sur les coulées de lave plus torrides que le croupion d’une femelle bonobo qui aurait avalé de la harissa en comprimés, je t’épargnerai les bombes volantes qui te calcinent le débardeur, je me concentrerai sur notre ascension… Ne me traite pas tout de suite de quetsche hystérique et écoute plutôt la suite. Le lac du Höwenegg a servi de carrière mais est surtout modestement un ancien cratère volcanique. Dix millions d’années plus tôt, j’aurais été prise dans l’éruption et j’aurais été fossilisée comme les chevaux, les antilopes et même les rhinocéros qu’on a ainsi retrouvés dans le secteur. Comment ça, y’avait pas de rhinos en Forêt-Noire ? Ben si mon canard, figure-toi que le climat était tropical à l’époque, même qu’on aurait retrouvé mon bol de sangria ou de ti-punch fossilisé avec ta rédactrice adorée si elle avait vécu à cette période.
L’autre truc c’est qu’ici le Danube s’amuse à passer en mode furtif, sous son lit, avant de ressurgir plus loin, donc même quand il pleut, c’est à sec. L’eau cependant n’était pas absente puisqu’elle nous tombait dessus depuis le ciel. Il est vrai que nous ne nous souvenions pas de ce qu’est une averse. Nous hésitâmes à entamer une danse de la pluie pour exprimer notre joie, puis finalement nous optâmes pour le déploiement stratégique de nos parapluies.
Et enfin dernier point : IA si tu me lis, je te dénigre et je peux pas être vulgaire sinon je dirais des choses. J’atomise ta fausse réalité et je t’interdis de te servir de ma prose de haute qualité pour te nourrir ! En ton honneur, toi gourdasserie factice, je produis une émanation aussi australe qu’épicée et dotée d’une douce sonorité orageuse parce que ça, jamais tu n’arriveras le faire !
Karina-Iris
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