Au Freudeneck

T’en as, quand elles vont en Italie, les gars se retournent et sifflent ou lui donnent du « bella donna ». J’traduis : une belle femme. Moi ils se retournent pas, mais je les entends marmotter dans leur barbe « vacca grassa », que je ne traduirais pas par décence. Et je sais qu’on écrit « marmonner » mais j’avais envie de changer.

Pourquoi je te raconte ça ? Ah oui ! Une bella donna, en Italie et ailleurs, au 17ème siècle, suivait la mode du teint pâle. Oui aujourd’hui faut être bronzée façon croissant oublié dans le fournil, mais à l’époque, il était de bon ton d’avoir le teint clair. Alors ces dames utilisaient l’essence d’une plante qui avait pour propriété de faire pâlir le visage. Et devine quoi ? Oh je te parle, là ! T’as pas suivi, évidemment ! J’interroge à la fin ! Donc la plante a fini par prendre le nom de belladone.

Tout comme le rital peu dragueur m’a balancé du « vacca grassa » alors qu’il aurait pu me qualifier de « vecchia scrofa », me gratifier d’un « struzzo sciocco » ou m’envoyer du « balena paffuta », la belladone se fait aussi appeler cerise du diable, morelle furieuse ou mandragore baccifère,… ,… Ah je vois le fan d’Harry Potter qui se réveille en toi, l’Hermione qui s’épanouit,  car la mandragore oui, c’est une plante hautement toxique. Je préfère pas savoir dans quel état les bella donne retrouvaient leurs joues pâlottes.

Alors écoute bien mio anatra (comme ça qu’au pays de Verdi ils disent « mon canard »), on s’est hissés tous ensemble vers le Col de la Rondelle pour déjeuner sur des troncs, puis on est redescen… enfin attends je me laisse aller, je reprends : nous redescendîmes de la montagne et goûtames la fraîcheur de la forêt pour arriver au château du Freudeneck. Enfin château, faut le dire vite. En gros c’est la ruine d’une ruine. Il daterait du début du 14ème siècle, et a été abandonné à la fin du 16ème.  Des courageux bossent sur sa restauration depuis 2004 et vu la tâche, on peut dire que c’est pas de la restauration rapide. Moi je leur dis bravo !

Et maintenant, c’est l’heure de la cerveza parce que j’ai le gosier dans le même état que le Sahara après une tempête de sable… Tu dis ? Quoi espagnol ? Cerveza c’est espagnol ? Pourtant ça a le même gout qu’une birra, non ? A la tienne, et je te dis rendez-vous pour la prochaine aventure !

Ciao signore e signori !

Karina-Iris #freudeneck #randonneegaylesbienne

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