De Rosheim au Bischenberg

Moi qui ce matin ai fait vœu de sobriété, je lis qu’en 1444, les murailles de Rosheim n’ont pas réussi à arrêter les Armagnacs. Oh je t’entends ma cane, tu attends que j’affiche ma préférence pour le whisky, que je claironne les vertus de la bière, que je disserte sur les variétés de vodka, ben non. Sobriété oblige. J’ai juste ouvert un petit rosé de fin d’été parce qu’il était en promo au Lidl, faut pas gâcher.

Donc Rosheim, et petite montée au Bischenberg dont il faut que je te dise deux mots. Attends, je reprends un verre parce que j’ai pas eu le temps de vraiment goûter. Donc nous entamâmes notre visite par la chapelle du 18ème siècle agrémentée de nouveaux vitraux en 1958, tout dans les bleus. Puis nous arpentâmes le chemin de croix de 1732. Y’a des sauvages qui se sont acharnés dessus à la Révolution, et le Bismark qui a tenté de détruire l’œuvre durant le « Kulturkampf » dans les années 1870. Rien à faire, ça a été restauré à chaque fois par les rédemptoristes et les pèlerins qui ne se laissaient pas abattre. En fait, le Bischenberg, c’est un peu comme si tu recevais un rappel à la foi.

T’as remarqué ? Les verres à vin c’est toujours trop petit, tu passes ton temps à te resservir. Puis le rosé, faut pas que ça se réchauffe. D’autant que je vais t’instruire de la géologie du coin. Eh oui ma sarcelle, on marche dans la culture ! Et donc le Bischenberg fait partie de l’ensemble des collines sèches dites de Bischenberg, Immerschenberg et Holiesel. Retenir les noms, j’ai renoncé depuis un moment vu que j’ai plus assez de neurones en état de marche, alors imagine l’expédition pour grimper à 360 mètres au sommet d’une colline sèche ! L’instinct de survie prend le dessus, tu sors une bouteille et tu réhydrates. A propos, je me demande si 0,75 litre, ça comprend le volume du matériau de la bouteille parce qu’en fait ça contient pas grand-chose, ça. A vérifier à l’occasion. J’eus dû en acheter deux. Pardon ? On dit « j’aurais dû » ? Ça y est, on est en panique lectorale ? On cale dans le déchiffrage ? On s’embourbe dans l’effeuillage… Non, euh… dans le feuilletage ? Bouge pas, mon canard, je vole à ton secours, j’arrive : si j’aurais su, j’en aurai chopé deux ! Hein ? Ah maintenant c’est l’autre intello qui râle. Bon les anatidés, débrouillez-vous avec vos achats, moi j’ai un récit à terminer.

Oh et puis j’ai plus envie, voilà. Non mais c’est vrai, quoi, comment tu veux que j’y arrive moi si on m’interrompt tout le temps ? Entre un malotru qui perd les pédales dès qu’il voit un verbe conjugué, et un cérébral qui pédale dans la semoule et considère ma plume comme hasardeuse, ta prestigieuse rédactrice (on n’est jamais mieux encensé que par soi-même en cette journée pieuse) va mettre la pédale douce et aller se reposer.

Parce que moi je vais te dire, vivement septembre puisque cette fin août me rend triste. Pensées pour le Népal déjà. Et puis l’embouteillage au Paradis… Philippe, amène des melons aux anges pour qu’ils prennent pas la grosse tête, Dolly, là-bas c’est joli, joli, joli, joliiii, on ne te piquera plus ton mari. Et Tim qui avec ton nom a épicé le cinéma, bon séjour éternel en Transylvanie Transexuelle que tu chantais. Le Népal pleure des habitants, la France perd un roi de l’humour, les Etats-Unis disent adieu à la reine de la country, Magenta et Riff Raff vont devoir mener le Rocky Horror Picture Show seuls…

Et moi vu ce qu’il reste dans la bouteille hein, je m’apitoie sur ma soirée vu que le Lidl vient de fermer.

Karina-Iris

#rosheim #bischenberg #randonneegaylesbienne

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