Cet arrière-goût de merguez dans la bouche, je sais pas, va falloir que je rince avec quelque chose… non pas de l’eau, plutôt un truc qui décape. Hpss. La nuit étoilée dans le Ried, moi je trouve que c’est pas mal, mais c’est mieux quand y’a pas de lune. Sinon t’as Orion là-haut que je sais pas ce qu’il trafique avec les Gémeaux, Cassiopée qui… alors je sais pas ce qu’elle fait à Persée à la peau lisse, (culture, culture !) mais va falloir que je les sépare !
Hpss… oh ces relents de chipos, oh toi la Grande Ourse, oui avec ta casserole, verse-moi une bière pour passer tout ça ! Ah qu’il est beau l’étang la nuit, les grenouilles qui gueulent, les… hein ? Elles quoi ? Elles coassent ? Grand bien leur fasse ! Les crapauds qui crapotent, les… Hein ? Ah eux aussi ils coassent ? Décidément c’est une manie dans le Ried.
Mais… hpss, voilà qu’un truc émerge de l’étang. Une sorte de poisson qui ressemblerait pas à un poisson, il émerge et il coasse quelque chose… Tu dis ? Ah lui il coasse pas ? Evidemment, faut que je tombe sur la seule bestiole du Ried qui a décidé de pas coasser !
Une tête… Ah mais, c’est un homme ! Mal rasé, chevelu, il est torse nu ? Hps… oui ! Hm ça devient intéressant l’histoire. Et il émerge de plus en plus, et là de quoi m’aperçois-je ? Peut-être qu’il coasse pas mais il est… comment dire… dépouillé, enfin en tenue d’Adam. Dans le plus simple appareil, enfin simple pas tant que ça si j’ose m’exprimer ainsi moi pauvre pécheresse, Seigneur pardonnez-moi car je ne sais pas ce que je vois. Je m’écrie dans sa direction : « oh jeune hpss… jeune chevalier, cachez donc ce… ce… ce litre de rouge que je ne saurais voir ! » Car oui, il porte en main une bouteille d’un nectar viticole qui luit sous la lune.
Là je hpss… comprends. Je sais pourquoi il est en tenue d’Adam, parce qu’il s’appelle Adam, Adam Riff, ce chevalier brigand du Moyen-Âge qui écumait le Ried et qui rencontra la mort en 1464 sans jamais révéler où se trouvait son trésor !
Mais c’est lui le trésor, ô apparition nocturne ! Ô jeune dieu vivant, fantôme de mes nuits solitaires, vient partager ta nudité avec moi, viens bronzer sous les étoiles ! Il marche dans l’eau, il s’exclame : « Vite, elle est où la berge ! » Car à ses heures perdues il contrepète. Et là il est tout près, je sens des gouttes perlant de son visage et brûlant ma peau, il est pour moi, c’est ma nuit… Euh… C’est quoi ces invectives, là ?
Et ces gouttes sur mon visage ? On m’asperge d’eau froide, on me dit « allez ma grosse, on range ! ». L’est où mon bel Adam ? Et c’est quoi cette odeur de vinasse avariée ? Mais… mais c’est moi qui pue… Rassemble tes idées ma grande… Tu arrivais au barbecue lorsqu’on te colla dans la main un verre de crémant. Tu te souviens du deuxième, à peine du troisième, puis tu te réveilles naufragée telle une méduse sur son radeau, sur un banc dur ; point de chevalier nu, foin de la nuit étoilée… T’as raté le fromage et le dessert ! Tu sais quoi mon canard, le barbecue Alsarando c’est toujours sympa mais je vais rentrer et aller dormir, peut-être que je retomberai sur Adam qui va me coasser des trucs sympas dans l’oreille !
Karina-Iris
#barbecuealsarando #randonneegaylesbienne
















