Avant de nous lancer dans la randonnée du jour, et bien que peu nombreux, nous nous recueillîmes un moment en hommage aux victimes de l’attentat de la veille contre la gay pride de Berlin. Tu fais la fête, tu danses dans un festival de couleurs, tu peux vivre qui tu es vraiment et là, t’as un constipé de la cafetière qui te fonce dessus en camionnette. Je comprends pas. Je comprendrai jamais.
Nous nous lançâmes alors sur les hauteurs de Reinhardsmunster en appréciant notre chère forêt par un superbe temps d’été. Pour apprendre qu’en face en Forêt-Noire, à Oppenau, un incendie venait de ravager un bois en raison de jets de pétards. Je comprends pas. Je comprendrai jamais.
Thème du jour : tu connais le principe des montagnes russes ? Je t’explique : tu t’évertues à monter et tu te casses la figure en descendant. Montagnes russes ? Moi j’appelle ça Vosges du Nord ! Et tu sais pourquoi on dit montagnes russes ? Tu sais pas, hein ? Ben ça vaut le coup de me lire parfois, mon canard. C’est qu’au 17ème siècle, la bourgeoisie de Saint-Petersbourg aimait dévaler en luge des pentes de glace qu’on aménageait spécialement. C’en est devenu une attraction de fête foraine, remplacée par des trains qui font des loopings en projetant ton petit déjeuner dans le chignon de la dame du devant, ou sur un promeneur qu’avait rien demandé.
Donc aujourd’hui, nous fîmes de la montagne russe nord-alsacienne. Montée d’abord à la Table des Géants qu’effectivement s’avère pas pratique pour déjeuner quand t’es une personne de taille normale. Puis le Geissfels où je me fis la réflexion poussée qu’en effet, vaut mieux être une chèvre (Geiss) pour monter là-haut sans perdre son souffle et ne plus le retrouver qu’à coup de Vacqueyras. Nouvelle descente et je te le donne en mille, nouvelle remontée à t’exploser les mollets, pour le Seebfels ! Et accroche ta ceinture, on replonge et on profite de l’élan pour finir au Neubaufels. D’accord y’a du point de vue mais pourquoi nous les randonneurs on se trempe le t-shirt pour monter et redescendre, parfois même pour retrouver les voitures au point de départ, je comprends pas. Je comprendrai jamais.
Un mot aussi pour la Spill, qui signifierait une pointe, et quand tu vois le rocher tu te dis que celui-là il a bien mérité son nom. Il se trouve d’ailleurs au Spillberg et ça m’étonnerait pas qu’il date de l’époque des dinosaures. Le temps que tu la comprennes, celle-là, j’achève la descente de mon Vacqueyras !
Je comprends pas. Je comprendrai jamais pourquoi on a eu droit à un vent d’ouest à déqueuter les bœufs, qui s’est levé… Décorner, tu dis ? Qu’est-ce que tu veux, il y a chez moi des mots qui viennent avant les autres. Donc ce vent d’ouest, peut-être pour transporter nos pensées amicales jusqu’à Berlin ce soir ?
Karina-Iris
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