Week-end J1 – 1ère partie : le Rickhubel

La Suisse, ce merveilleux pays où ça monte tellement qu’ils ont percé des tunnels partout. Et donc, nous montâmes en forêt pour masquer la vérité, mais on me la fait pas. Nous grimpâmes, nous gravîmes des escaliers taillés pour des basketteurs de trois mètres de haut, nous enjambâmes racines et branches basses traitresses, nous subîmes les assauts d’insectes karinavores et c’est flapis, éreintés, at zi end of our lives, que nous atteignîmes le Rickhubel qu’a l’air de rien mais qui te nargue quand même du haut de ses 1943 mètres, marqué d’une croix.

Me disais aussi que ça faisait un peu chemin de croix, le bazar. Haletante telle un teckel qui sortirait d’un rêve érotique, transpirante comme une éponge dans un sauna turc, je m’affalai au pied de ladite croix et sortis une salade tout en observant les vaches indifférentes autant que curieuses que j’aurais bien eu envie de convertir en steaks.

Puis vint un moment digne des pires films d’horreur ; l’animateur, tout fier, tendit façon Freddy les griffes de la journée, un doigt prémonitoire vers une sorte de sommet au loin, et proclama dans une grimace style Jack Nicholson dans Shining, que c’est sur ce machin qu’on allait monter. Le Fürstei, à 2040 mètres ! Là, de battre mon cœur s’est emballé !

Mais vaillante comme tu me connais, mon canard, j’arpentai fièrement la montée, galvanisée par le paysage sublime tout en me demandant ce que je foutais là au lieu de vider des bières devant un match de foot. Sans doute parce que j’y connais rien à la baballe et que je préfère quand même regarder la natation, parce qu’ils sont moins habillés… Hein ? On s’en tape ? Bon alors je t’en reviens au Fürstei, puis à la descente que nous qualifierons ici de sportive jusqu’au petit lac de Sewenseeli où nous découvrîmes une chapelle, et un troupeau de vaches occupées à brouter, ou à ruminer, je sais pas, tu choisiras, ça t’évitera de me corriger tout le temps.

Retour au Col du Glaubenberg où les voitures nous attendaient sagement mais en même temps c’est tout ce qu’on leur demandait. Cap sur Fluonalp, une heure de route plus loin, pour l’apéro puis les Älplermagronen. Traduis par macaronis, ça fait moins peur, qu’on te sert avec de la crème, des pommes de terre et… de la compote de pommes. Heureusement y’a la bière du coin pour descendre tout ça !

Karina-Iris

Photos Anne / Daniel / Dominique

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