Week-end J2 : randonnée gourmande

Ouverture œil gauche. Ça se présente pas mal. Ouverture œil droit. Houla ça tangue. Baillement. Vache, j’ai la bouche sèche. Tentative de position assise. Retombage. Extraction bras droit. Résistance du sac de couchage. Tentative de démoulage de ta rédactrice. Mal de crâne en approche rapide. Tâtonnements vers la boîte de Doliprane. Non là c’est les chaussettes. Nouvel essai. J’entends « faut se lever ma grosse » ! Qui a osé ? Entreprise de réponse. Voix cassée. Où sont les toilettes ?

Telle un papillon empestant le rouge s’extrayant de sa chrysalide textile, je parviens enfin à me tortiller hors du sac de couchage et à poser un pied par terre. Sur le tube de dentifrice, maintenant y’en a plein le sol. Envoi du deuxième pied qui atterrit sur le chargeur de téléphone. Poussage d’un cri rauque qui évoque le feulement d’un lion atone qui se serait emmêlé la crinière. Je sais qu’un lion ça rugit mais dans mon état il feulait.

Trois cafés plus tard, je suis prête, chaussures aux pattes. Alors viens mon canard, je t’emmène dans notre journée gourmande !

Nous nous rassemblâmes au Schnepfenried pour un café kouglof (ça rime avec Smirnoff, mais là j’ai pas envie). Puis nous entamâmes la petite montée vers la ferme-auberge du Uffrain où nous dégustâmes une soupe aux légumes. Là j’ai découvert que les légumes, ça peut être pas mauvais du tout !

Nous poursuivîmes notre parcours jusqu’à la ferme-auberge du Salzbach où nous attendait la tourte et sa salade. Certains dont ta servitrice prirent par précaution un apéritif, pour faciliter le passage de la tourte. Cap sur le Klein Hannenbrunnen où nous attendait le munster et son vin. Comment ils se débrouillent avec de la bonne herbe, de si jolies vaches et du lait aussi délicieux, pour créer une puanteur pareille, je comprendrai jamais.

C’est là que nous rencontrâmes le Père Charles (surnommé avec malice, respect et complicité le maître d’autel) pour une célébration œcuménique, un instant spirituel plein d’humour, pour réfléchir à la nature, et rendre un hommage à nos membres qui ont fait une partie d’Alsarando et sont maintenant allés randonner dans un autre monde. Chants, échanges, et découverte de l’hymne du randonneur. Regarde sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=p4YVee_XFEI

Bon j’étais un rien déçue parce qu’on n’a pas fait le truc de la distribution des hosties et puis surtout du vin, mais c’était un très beau moment de partage de mélodies et d’esprit. Le tout en plein air avec les crêtes des Hautes Vosges en fond.

Dernière étape, l’auberge du Hannenbrunnen, pour un café et… une tarte aux myrtilles. Pas de digestif, tout se perd ma bonne cane. Nous dûmes donc digérer à sec toutes ces étapes et ainsi nous grimpâmes au Lauchenkopf (1314 m) puis au Nonselkopf (1257 m) pour nous retrouver dans un paysage… comment je te vais te le décrire ? On aurait pu y tourner un film, tu vois ? Style héroïc fantasy. Je m’y voyais en svelte princesse courtisée par un grand bûcheron velu qui m’enleva le temps qu’on lui remette l’Anneau. Dans sa chaumière il m’emmena, dans sa cuisine il m’installa (oui ben à l’époque, hein…), devant sa cheminée il me désira, dans sa chambre il m’… Hein ? Qu’ois-je ? Qui a osé un « arrête de rêver, la dodue, et bouge-toi l’arrière-train » ?

Bravo l’esprit de la randonnée, 25 ans que je supporte ça ! Tu sais quoi ? On va faire le point aux 30 ans, et si tu continues à m’outrager d’ici là, ben pas sûr que je continue à rendre service jusqu’aux 50 ans. Tiens-toi le pour écrit !

Karina-Iris

#fermesauberges #randonneegaylesbienne

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