Niedermorschwihr, Galtz et Trois Epis

C’est quoi cette histoire de changer d’heure ? M’en ont fait tout un foin hier donc soit, je suis pas contrariante, j’ai mis une autre montre. Ça m’a pas empêchée de poireauter une heure au départ ce matin, le temps que tout le monde arrive tranquille. Heure d’hiver ? Oui j’ai bien vu qu’il pleuvait comme chèvre qui pisse, qu’il ventait comme un âne qui aurait mangé du chou, de l’oignon et des fayots, mais ça reste l’automne, alors si on doit changer l’horaire à chaque saison… Oui tu m’expliqueras en marchant, et t’as intérêt à être convaincant. Tu m’étonnes que mes lecteurs s’endorment devant ma prose !

Donc aujourd’hui, c’était un peu autant en emporte le vent, fallait pas lâcher sa gourde, son casse-croûte, et on devait oublier son brushing. Je pouvais jouer dans « on achève bien les cheveux », ou dans superwoman avec sa cape de pluie, pas besoin de trucage, elle volait toute seule. Au moins par un vent pareil, on a un avantage, nous les femmes fortes : on garde les pieds sur terre, on décolle pas. Note que l’autre coup quand j’ai voulu essayer le parapente, ils m’ont discrètement collé trois voiles au croupion pour tenter de m’envoyer en l’air, tu parles, je me suis ramassée sur un jeune moniteur qu’avait rien demandé. Rassure-toi, depuis il est sorti du coma et de l’hôpital, pour entrer dans un plâtre.

Je t’en reviens à la rando puisque tu piaffes déjà comme une haridelle acariâtre. Aucune patience, hein, ça scrolle, ça survole, ça lit en diagonale et après ça pose des questions parce que ça n’a pas compris. Enfin bon. Alors nous entamâmes la randonnée au départ de Niedermorschwihr pour passer à Katzenthal où nous ne croisâmes pas un chat (traduis le nom du village pour comprendre). Dès lors, nous nous élevâmes jusqu’à la ruine du Wineck et son donjon dont je me dis qu’il devait s’en passer de belles… Comment ? Des faits, rien que des faits ? M’en voilà toute défaite !

Ainsi nous persévérâmes au travers de la forêt balayée par la tempête et je perdis totalement le contrôle de ma coiffure lorsque nous apparut entre les arbres le Corcovado du pauvre, le Christ du Galtz. Pour les chiffres : 1930, hauteur 23 mètres dont 7,5 pour la statue. Hommage aux victimes de la Der des Der. Voilà, il a ses données, il peut se rendormir. Chemin faisant, nous nous réfugiâmes sous un abri avant de poursuivre notre chemin vers les Trois-Epis et un salon de thé. Café, torche aux marrons, tarte… bah pour une fois, hein, on va pas se priver d’autant qu’après, hop, grimpette vers l’église Notre-Dame des Trois-Epis. Terminée en 1968, orgue de 1973 et flèche triple de 1991. Retourne roupiller, la culture c’est fini pour aujourd’hui. Puisque si t’as pas ton truc culturel, tu vas encore m’envoyer un mail anonyme, si, si, je sais bien que c’est toi.

Et là va comprendre, mon canard, la pluie a cessé, le vent aussi, et devine qui s’est pointé ? Le soleil ! Juste pour mieux voir la chapelle Saint-Valentin, et avoir la lumière des vitraux dans l’église Saint-Gall de Nieder… attends rappelle-moi, c’est Nieder quoi, aujourd’hui ? Niedermorschwihr ? A tes souhaits. Cinq voyelles et onze consonnes, de quoi déprimer le premier Français de l’Intérieur venu. Cela constaté, c’est quand même le seul clocher vrillé d’Alsace ! A mon avis, le charpentier qui l’a construit avait l’habitude de déboucher des bouteilles de blanc en tournant le tire-bouchon, ou alors il était glacier italien dans une vie précédente. On saura jamais puisqu’il a pas osé signer son œuvre. Contrairement à moi qui la signe sans plus tarder vu que t’as déjà entamé ta nuit :

Karina-Iris

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