Mietesheim et Les Semblables

Aujourd’hui, train express vers le Paradis sans passer par le Purgatoire. Enfin un peu quand même puisqu’il a fallu se taper 9 kilomètres pour y parvenir. Panique pas, je t’explique.

Balade en forêt de Mietesheim, ou plutôt par le Bois de Mietesheim. J’aime bien « le Bois de… », ça fait tout de suite plus mystérieux, presque plus coquin que « forêt », tu trouves pas ? Il s’agit du circuit du Stocklach pour aller voir un wagonnet et des rails. Passionnant me diras-tu ironiquement. Si, si, je te connais, va ! Cela parce que la Forêt de Haguenau comporte le dépôt de munitions de Neubourg (avec des tireurs, donc, hm) qui résulte des dépôts d’artillerie des années 1920 (sûrement avec des artilleurs, alors, aah), en vue de ravitailler en train la Ligne Maginot. Reste aujourd’hui un camp d’entraînement interdit d’accès (dommage, y’a sûrement des troupiers en treillis, ooh), dont nous longeâmes un moment la haute clôture.

Après que veux-tu que je te raconte ? Forêt, arbres, chemins, sentiers, casse-croûte, vin rouge à midi, et puis Mietesheim. Un rien de boue aussi, pour dire qu’après l’aventure au bout des chaussures, voici la mélasse au bout des godasses !

Et si on passait aux choses sérieuses, mon canard ? Je l’ai attendue toute la journée, je n’ai survécu aux sentiers ardus sous la houlette de notre guide intraitable que pour elle, je l’ai visualisée, je l’ai imaginée, je l’ai espérée puis je l’ai désespérée et soudain au coin de la rue, elle m’apparut. Mieux qu’un temple himalayen (je sais jamais où y’a le « y » dans ce truc), c’est un concentré de ferveur, une ode à la félicité, et elle émergea telle un mirage au milieu des colombages. La Microbrasserie Les Semblables, où nous avions rendez-vous. Autant tu peux oublier un rendez-vous chez le coiffeur, faire semblant d’omettre celui chez le dentiste, autant celui-là, pas besoin de le noter dans l’agenda !

Il y a cinq ans, elle a été créée par deux jeunes passionnés et elle propose une variété de bières que même dans mes rêves les plus éthanoliens j’osais pas imaginer. J’avais une seule envie : me coucher sous un fût et y passer le week-end…

Pardon, y’a du laisser-aller dans le récit. Donc voilà une structure intégrée dans le village, avec une grande cour dans laquelle les gens se retrouvent, discutent… Et en saison on peut y errer dans un Marché de Noël avec des producteurs locaux. D’ailleurs tout est local : l’eau, l’orge, le houblon… Notre jeune guide, quoiqu’insensible à mes œillades discrètes, a insisté sur le caractère bio de l’ensemble. Et ça mon canard, c’est de la vraie et bonne écologie ! Depuis la transformation de l’étable en brasserie, en passant par la récupération des bouteilles et l’appel au marché local, tout est pensé circuit court et respect de l’environnement.

J’ai craqué pour la Verdoyance, une IPA à se rouler par terre jusqu’à ce que cuite s’en suive, je te la conseille vraiment (la bière, pas la cuite). Mais t’as aussi la blonde, la brune à la châtaigne, celle au citron… C’est là que j’ai regretté de ne disposer que d’un seul foie. Et en plus t’as l’accueil, la dégustation, et la culture ! T’as ici le seul brasseur de France qui chauffe sa cuve au feu de bois et tu sais ce que j’ai appris ? Non ? Tu vas le savoir ! La bière blanche, ça n’existe pas. Eh non, c’est une erreur de traduction de l’Allemand Weizebier, la « bière au blé », qu’un spécialiste qui a dû en goûter trop a mal traduit par « Weissbier », bière blanche. Donc sans le savoir, tu bois de la bière au blé. Y’a qu’avec moi que t’apprends ce genre de trucs, avoue !

Et nous voilà de retour au parking à Mietesheim qui est quand même une capitale. Eh oui, la capitale française de… ? De… ? Qui a dit de la knack ? Non ! Mietesheim est la capitale française du raifort !

Karina-Iris

#mietesheim #brasserielessemblables #randonneegaylesbienne

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