Au Rebberg à Mulhouse

L’aventure démarra dans le train pour Mulhouse où je tombai sous le charme du contrôleur blond. Jamais je ne mis autant de temps à trouver ma carte Fluo pour la lui montrer. Je fouillai consciencieusement mon sac et cela me donna le temps d’admirer ses mains dont je rêvais qu’elles… OK, OK j’ai compris, de l’action, du récit, pas de digression personnelle.

Mulhouse, c’est un grand huit de lieux, d’histoires et d’époques ! 1906 : nous admirâmes la statue monumentale du Schweissdissi, plus de cinq mètres de haut et en fer ! Elle symbolise la classe ouvrière, étant, je traduis, « l’homme qui transpire » et s’essuie le front. Entre parenthèses, je note quand même que lorsque moi je transpire dans une montée infernale dans les Vosges, on me le fait fort inélégamment remarquer, et en aucun cas on ne m’élève une statue !

1868 : l’Ermitage. 1884 : le Square du réservoir. 1876 : le Jardin Miquey. Les industriels ont créé un tas de choses à Mulhouse, autres que des usines, et souvent pour le bien de leurs ouvriers, ou pour la collectivité. Sympas, les riches, quand même !

En 1898, inspirée des techniques de Gustave Eiffel, voilà la Tour du Belvédère. Entre nous, la Tour Eiffel c’est plus facile parce qu’il y a des ascenseurs, alors qu’au Rebberg, tu t’enfiles vingt mètres de dénivelé par les escaliers. Mais au moins une fois en-haut, agrippée à la rambarde telle une limace en fin de vie, essayant de capter un peu de cet oxygène d’altitude, t’as la vue sur les Vosges. Je m’aventurai donc héroïquement jusqu’au sommet pour t’en ramener des photos. Juste à côté, le très expressif monument en hommage aux déportés d’Alsace-Moselle vers Tambov me fit frissonner d’horreur.

Puis sans crier gare (et il n’y avait pas de raison de le crier puisqu’on n’y était pas encore), nous voilà en 1901 avec la Villa Mauresque, qui a dû être catapultée là depuis le Maghreb. Je me disais que c’est à cause du réchauffement climatique qui allait suivre mais non, t’as encore loupé une occasion de te taire, gourdasse de rédactrice, non, c’est une simple fantaisie d’architecte.

L’étape suivante, c’est 1960 et là j’avais pas deviné. J’aurais dit une usine, un truc en béton style prototype d’HLM, et c’est dedans que je compris ma méprise, ô lectrice fébrile, ô lecteur passionné ; c’est une église, celle du Sacré-Cœur. Même les vitraux sont tout petits ; franchement, t’aurais mis des meurtrières décorées de bocaux à cornichons, t’aurais pas davantage de lumière. Là-dedans c’est tout sombre, avec des recoins que je devine propices à… Comment ? Oui il y a aussi une chapelle de 1930 accolée, regarde les photos. Donc je disais quoi avant que l’autre intello m’interrompe ? Ah oui, des recoins propices à la… What else ? You look pour la railway station ? Ben c’est pas ici, ah non ; no, no, no. Where ? Bonne question ! Alors I have a truc infaillible, I follow the rails, and generalemently, la gare est au bout.

Et donc nous, ah oui, donc je disais, il y a dans ce Sacré-Cœur plein de recoins propices à la prière. Et chemin faisant, nous revînmes justement à railway station et là, nous ne criâmes pas « gare », mais nous commandâmes « bières » ! Et enfin le TER du retour, à l’arrivée duquel je m’éloignai de la bordure du quai comme il me fut demandé (sans doute pour pas faire peur au conducteur). Pas de contrôleur au retour. Mais bon, si c’était pour avoir le moche que j’ai vu sur le quai, je préférais garder ma carte Fluo dans mon sac !

Karina-Iris #mulhouse #rebberg #randonneegaylesbienne

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