J’suis une fille sympa, alors je te guide vers le coin à champignons que j’ai trouvé près du Donon. Suis bien : après le col, tu prends le sentier non balisé qui part en légère descente ascendante vers le sud-ouest. Tu dépasses le deuxième frêne cinquantenaire et tu tournes à gauche après la bouteille de soda vide jetée là, puis tu prends le premier raidillon vers le grand rocher et enfin tu obliques vers la clairière entourée de trois sapins. Et là mon canard, t’as des cèpes et d’autres espèces mais qu’il faut faire attention sous peine de cataclysme stomacal. Voilà, me remercie pas, c’est gratuit.
Bon nous donc, me demanderas-tu, ô liseur assidu, que fîmes-nous ? Eh bien nous marchâmes, tu t’attendais à quoi d’autre ? Nous descendîmes, nous montîmes, nous… Pardon ? Quel premier groupe ? On était un seul groupe ! Ah le verbe « monter » ? Et donc alors ? Bon alors si tu préfères, OK nous montâmes, mais nous suâmes tout de même autant que si nous eussions été en verbe du deuxième groupe.
Après les bunkers de béton de 14/18, voilà la Chapelle Notre-Dame de la Délivrance qui pour nous signifiait le début de la première montée ! Tu parles d’une délivrance ! C’est ici la septième Rose de Saint-Quirin, puisque l’an dernier nous n’en visitâmes que six. Quant à la huitième, cherche pas, tu es en train de la lire.
Tu découvres une superbe voie romaine puis t’as fait dix-huit kilomètres, t’es fière, tu resplendis, tu brilles, tu luis de sueur et là brutalement, devant toi, un mur. « Le parking est tout là-haut ! » ai-je entendu ricaner. J’ai eu droit au couplet sur le « dépassement de soi », mais moi, même quand j’arrive à me dépasser, je me rattrape !
Bien que je fusse une personne en situation d’épuisement total, nous nous armâmes de courage, nous prîmes sur nous, nous nous enhardîmes, et nous entamâmes l’ascension. Et là je me suis dit que je vais acheter un husky pour me faire ti… tracter (faut faire attention à ce qu’on écrit ici, c’est un site sérieux). Tu sais, ces chiens masos qui ne sont heureux que quand ils peuvent se donner un mal de chien (de qui d’autre ?) dans la neige.
Ça me rappelle l’année où j’étais en Laponie pour remettre ma lettre au Père-Noël en mains propres. Je me souviens presque de ma soirée aquavit avec Päivi, un gardien de rennes qui avait succombé à mes charmes avant de capituler devant la bouteille de Helsingfors Fiskehamns et de s’endormir dans le chenil avant la fin des pré… de l’apéritif qui n’avait rien de dînatoire. Heureusement que ses huskies étaient là pour me tir… me remorquer, eux (C’est épuisant, ces lecteurs où il faut surveiller chaque mot…) ! Car oui, il fallait bien une meute de chiens d’attelage pour me (prends le verbe de ton choix, tiens !) sur un traîneau jusqu’à ma hutte !
Et le temps que je me remémore le nom de chaque chien, voilà le parking. Sauvée ma grande ! Puis place au pot de fin de randonnée et après la montée, une bonne « descente » !
Karina-Iris
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