La Suisse, ce merveilleux pays où tu paies pour voir de la flotte, mais ça vaut le coup. Tiens quand tu t’énerves dans tes mots croisés, cette fichue rivière suisse en trois lettres qui t’empêche de trouver l’empereur chinois dont tu te fiches éperdument, ben voilà le moment de mettre des images dessus : l’Aar.
Oui parce que moi, tu me verras pas sur les photos, les mauvaises langues prétendant que les appareils photo n’ont pas assez de pixels pour m’englober. Oh si, tu l’as dit, j’ai tout entendu ! Alors me voilà dans la Aareschlucht, que je trouve plus joli en Français : dans les Gorges de l’Aar. J’ai lu pas mal sur le sujet avant de pondre mon article et je ne sais plus si c’est de l’Aar ou du cochon, alors en résumé au travers des millions d’années, l’Aar a creusé l’endroit sur 1,5 kilomètre de long et 180 mètres de hauteur. C’est ce qu’on appelle une gorge prof… enfin une gorge abyssale, encaissée. Ben oui comment tu veux que je l’appelle vu que tu interprètes toujours tout de travers ? T’es pénible, aussi !
Donc me voilà embarquée sur un réseau de passerelles, comme une star parmi ces touristes venus du monde entier et même de Suisse. Dans les couloirs éclairés, ça allait, mais ensuite pas le choix que de cheminer sur ces appontements très haut au-dessus de l’eau. Faut du courage pour s’engager là-dessus entre un Indien tout zen et une Italienne surexcitée, je dirais même que pour faire comme ça toute la longueur de la gorge, il m’a fallu du soutien. Ah, tu l’attendais pas, celle-là, hein mon canard ? Là on se sent toute petite, on espère que le Génie suisse a bien arrimé les ferrailles, on essaie de se rappeler qui est le Saint Patron des randonneurs, on songe même à invoquer des divinités que jusque là on ne fréquentait pas trop, des fois qu’elles pourraient donner un coup de main.
On t’a tout de même rapporté des photos et au repas pris dans la forêt, nous rîmes à gorge déployée de nos frayeurs pseudo-aquatiques. D’ailleurs je peux te l’avouer maintenant : sur ces passerelles j’ai plusieurs fois cru sentir ma mise en bière. Tiens à propos : j’ai soif !
Karina-Iris
Photos Anne / Daniel / Dominique






































