La Marche des Visibilités 2017 à Strasbourg

En ce magnifique samedi de juin, pour la 16ème année consécutive, une sorte de folie de couleurs et de sons a traversé Strasbourg. La Marche des Visibilités !

A l’approche de la Place de l’Université, c’est tout d’abord la musique qui interpelle… Et tout à coup la foule, les couleurs arc-en-ciel, et voilà le village associatif, où pour la première fois, Alsarando avait son propre stand. Et juste derrière dans la rue, les chars se préparent, la techno explose, des tenues et des costumes détonants s’installent sur les camions, des gens arrivent de partout armés de drapeaux, de banderoles, de pancartes, de fanions, de plumes. L’atmosphère se tend, et soudain c’est parti, le cortège se met en route.

Plus de deux heures de marche à travers la ville, dans un concert assourdissant, précédé d’un drôle de vieil autobus parisien plein de charme et de nostalgie. Puis d’un immense drapeau arc-en-ciel porté par des membres de plusieurs associations dont Alsarando. Et soudain comme un entracte d’autant plus percutant, Place Kléber, trois minutes de silence en hommage aux victimes de la persécution homophobe, en Tchétchénie ou ailleurs… C’était le thème de la Marche de cette année.

Et en attendant à plusieurs endroits de retrouver le cortège, votre photographe a assisté à deux scènes amusantes. D’abord trois adolescents qui voyant leur route coupée se demandaient ce qui se passait. L’un deux : «  ah oui, c’est les gays ». Un autre : « cool, venez, on va marcher avec ! ».

Et le pompon, promis c’est 100% vrai, c’est Place de la République, ces touristes allemands qui voyant d’abord arriver les gyrophares de la police, se disaient : « c’est qui cette fois ? La dernière fois qu’on est venus, c’était Barack Obama ». Et tout à coup : « ah, mais ça doit être Emmanuel Macron » ! Ils ont dû comprendre un peu plus tard, lorsque toute cette faune passait devant leurs yeux hallucinés, que ce n’était pas le Président.

Et puis sous le Pont du Corbeau, ce bateau mouche dans lequel les touristes applaudissaient mains levées le défilé. Tant pis, ils n’auront pas entendu la sinistre histoire de ce pont !

Sans parler des commentaires bienveillants des policiers venus assurer la sécurité. Des sourires, des regards parfois incrédules, et certains d’entre eux prenant des photos avec leur téléphone.

Alsarando était là, pour porter le drapeau géant en début de cortège, et derrière, pour agiter nos drapeaux visibles de loin… Cette journée a aussi été l’occasion de distribuer notre nouveau flyer. Rendez-vous est pris pour juin 2018 car bien entendu nous aurons à nouveau un stand, encore plus fourni. Et nous comptons sur nos membres pour marcher et faire du bruit.

Du bruit pour faire entendre cette voix qui il n’y a pas si longtemps, était un délit en France, et l’est toujours dans certaines contrées, sans même évoquer les violences qui y sont associées…

Merci à Festigays, merci à Strasbourg, merci à tous les participants !